LE MAGAZINE DES LIVRES n°25 / juillet-août 2010

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Synopsis] Heure d’été
Pour célébrer la saison la plus chaude de l’année,
Le magazine des Livres se met à la page et parle sexe, du moins ce qu’il en reste. À l’époque où le marketing ne sait plus à quels seins se vouer pour vendre du papier ou des biens de consommation courante, où la tyrannie de la jouissance l’emporte sur la recherche du plaisir comme sur la connaissance des corps, « libertiner » n’est plus de mise. Que demeure-t-il du libertinage, quarante ans après la révolution sexuelle reichienne, du temps où un André Hardellet prédisait que « la révolution se ferait aussi grâce à la main, la douce main de ma sœur dans le pantalon du militaire » ? Passées les accroches racoleuses en première de couverture des magazines, les moteurs de recherche, qui se sont substitués aux index encyclopédiques, apportent un début de réponse. Tapons du bout du doigt le mot de « libertin » sur notre clavier… L’avatar moderne d’un Valmont ou d’un Versac ? L’échangiste, le partouzeur, le faux-monnayeur du plaisir charnel. À l’heure du libre-échange érigé en art d’aimer, le sexe de l’autre devient monnaie courante, monnaie d’échange, monnaie de singe… Le libertinage se réduit alors à des « plans coquins et pas chers entre gens de bonne compagnie ». Au final, post coïtum animal triste. À l’occasion de la sortie prochaine des deux essais d’Olivier Bessard-Banquy (Sexe et littérature aujourd’hui, La Musardine, et Le livre érotique, Presses universitaires de Bordeaux), le dossier du mois rappelle que la véritable révolution des alcôves est celle qui s’est accomplie dans les bibliothèques. Une mise en bouche en ce début de grandes vacances. Éric Bonnargent et Marc Villemain, qui en reviennent avec une interview du génial Antoni Casas Ros, l’écrivain sans visage, mériteraient de figurer dans le Dictionnaire amoureux des explorateurs de Michel Le Bris (Plon). De notre côté, nous nous contenterons de Venise avec Marcelin Pleynet (Chronique vénitienne, Gallimard) ou de la Toscane avec Sandro Veronesi (Terrain vague, Grasset), le dernier Patrick Cauvin (Une seconde chance, Plon) ou le prochain Annie Lemoine (Amusez-vous, Flammarion) sous le bras. À moins que nous préférions nous plonger dans les légendes des temps modernes. Celle de Judas, « le Christ noir » de Juan Asensio (La chanson d’amour de Judas Iscariote, éditions du Cerf), celle de Céline, le monstre littéraire d’Émile Brami (Massacre pour une bagatelle, L’Éditeur) ou encore celle de Billy the Kid, outlaw malgré lui (Sébastien Doubinsky, Quiėn es ?, Joëlle Losfeld). Une manière de rendre justice à ce braqueur de banques qui pourrait figurer dans l’essai de l’avocat Dominique Inchauspé, L’erreur judiciaire, paru aux PUF. Sinon à lire sur la plage ses classiques, comme Nabokov, les perdus de vue comme Stig Dagerman ou les bonnes feuilles d’Annick Geille : Jean-Baptiste Harang (Nos cœurs vaillants, Grasset), Jean-Baptiste Del Amo (Le Sel, Gallimard), Antoine Volodine (Écrivains, Le Seuil), Jean-Philippe Domecq (Le jour où le ciel s’en va, Fayard), Jean-Marie Blas de Roblès (La montagne de minuit, Zulma). Une manière tout en douceur de préparer la rentrée sans en avoir l’air, mais seulement la chanson. Eli Flory


Digressions] Guest stars par Joseph Vebret

DOSSIER
Sexe et littérature par Olivier Bessard-Banquy
Genèse et métamorphoses de la littérature érotique
par Tang Loaec
Question de genre
par Anne Bert
La nudité, la femme et l’art
par Orlando de Rudder
Extension du domaine de la littérature érotique
par Tang Loaec
Contre l’érotisme
par Orlando de Rudder

RENCONTRES
Marcelin Pleynet : « La solitude a un lien indissociable avec la création » par Joseph Vebret
Michel Le Bris : « Donner aux lecteurs une part des trésors accumulés pendant une vie »
par Bertrand du Chambon
UNE VIE D’ÉCRIVAIN
Sandro Veronesi : « Donner une deuxième chance à la réalité » par Thierry Richard
ENTRETIENS
Patrick Cauvin : « Peut-on encore mener une carrière de "raconteur" ? » par Olivier Quelier
Émile Brami : « Pour qui aime la littérature, il y a des écrivains indispensables »
par Joseph Vebret
Sébastien Doubinsky. La confession de Billy the Kid
par Éric Bonnargent
Dominique Inchauspé : « L’influence du journaliste est supérieure à celle de l’écrivain »
par Joseph Vebret
Juan Asensio : « Judas ou le refus d’être aimé, le refus de l’Amour »
par Éric Bonnargent
Antoni Casas Ros. L’écriture anonyme
par Éric Bonnargent et Marc Villemain
APARTÉ
Annie Lemoine. Nouvelle vie : l’écriture par Laure Rebois

CLASSIQUE
Vladimir Nabokov. Portrait d’un auteur en illusionniste par Frédéric Saenen
PERDU DE VUE
Stig Dagerman. Le jeu avec la mort par Michel Loetscher

LE CAHIER DES LIVRES
Focus, Romans, Polars, SF, Théâtre, Documents, Musique, Revues, Beaux livres, BD, En vrac

Les livres que vous n’avez pas lus]
Des météorites signées José Bergamín par Bertrand du Chambon
Chemin faisant] Déroutes par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches] Le goût estival du morbide par Anthony Dufraisse
Musique & littératures] Brassens, poète chapardeur par Jean-Daniel Belfond
Relecture] Le crime de Lord Arthur Savile, Oscar Wilde par Stéphanie Hochet
Poésies] Host figure l’amante en remontant ses sources par Gwen Garnier-Duguy
Cinéma & littératures] Une douce odeur de violette par Anne-Sophie Demonchy
Lire la musique] Passions hendrixiennes par Guy Darol
Économie du livre] La FNAC, l’agitateur agité ? par Christophe Rioux

BONNES FEUILLES
La sélection d’Annick Geille : Promesses tenues
Fruits & légumes, Anthony Palou
Nos cœurs vaillants, Jean-Baptiste Harang
Le Sel, Jean-Baptiste Del Amo
Écrivains, Antoine Volodine
Le jour où le ciel s’en va, Jean-Philippe Domecq
La Montagne de minuit, Jean-Marie Blas de Roblès
Les meilleurs livres de la période
par Annick Geille

Feuilleton] Conseils aux écrivains qui ont la migraine par Christian Cottet-Emard
Feuilleton] Voyage dans une bibliothèque par Raphaël Juldé
Feuilleton] L’Auteur et Internet par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains] Julien Gracq par Louis Monier

Avec : Emmanuelle Allibert, Stéphane Beau, Jean-Daniel Belfond, Anne Bert, Olivier Bessard-Banquy, Éric Bonnargent, Brigit Bontour, Arnaud Bordes, Christian Cottet-Emard, Guy Darol, Hubert de Champris, Anne-Sophie Demonchy, Orlando de Rudder, Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon, Pierre Ducrozet, Anthony Dufraisse, Eli Flory, Gwen Garnier-Duguy, Annick Geille, Stéphanie Hochet, Stéphanie Joly, Raphael Juldé, Tang Loaec, Michel Loetscher, Clara Mainardi-Begnis, Valère-Marie Marchand, Ludovic Maubreuil, Christophe Mory, Olivier Philipponnat, Olivier Quelier, Laure Rebois, Thierry Richard, Christophe Rioux, Frédéric Saenen, Marc Villemain, Carole Zalberg. Photos : Louis Monier. Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.


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LE MAGAZINE DES LIVRES n°24
/ mai-juin 2010

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Synopsis] Vivre ou écrire, faut-il choisir ?

« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature. Cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l’artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu’ils ne cherchent pas à l’éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d’innombrables clichés qui restent inutiles parce que l’intelligence ne les a pas "développés". Notre vie ; et aussi la vie des autres ; car le style pour l’écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique mais de vision. » Le Proust du Temps retrouvé, arbitre salvateur de la querelle qui a opposé les partisans de Flaubert à ses contempteurs, peut être considéré comme le saint patron du style. Le diariste, dont la vie au jour le jour est la matière de son œuvre, est-il le mieux placé pour résoudre cette incommensurabilité entre le sentir et la parole qui veut le signifier ? Avec son journal ne jette-t-il pas des ponts entre les livres et le monde, entre la vie et la littérature – deux univers qui finissent par n’en faire qu’un, comme chez Renaud Camus ? Un « promeneur littéraire » qui en rappelle un autre, le Rousseau des Rêveries, poursuivant faussement un but égoïste : « Je n’écris mes Rêveries que pour moi […] Leur lecture me rappellera la douceur que je goûte à les écrire, et faisant renaître ainsi pour moi le temps passé, doublera pour ainsi dire mon existence. » Maxime Chattam, le pape du « thriller à la française », multiplie aussi les existences : « J’écris pour vivre les aventures que je ne trouve pas dans la réalité », confie-t-il quand Thierry Ardisson, sur les traces de son passé d’auteur, a préféré sa vie à la littérature : « Je suis un dandy. Or le propre du dandy c’est de faire de sa vie une œuvre d’art. » Alors vivre ou écrire, faut-il choisir ? Pas pour les biographes Dominique Bona (Clara Malraux. Nous avons été deux, Grasset) et Christophe Mory (Jean-Baptiste de La Salle, Pygmalion) qui excellent dans l’art de raconter des vies, ni pour tous ces romanciers aux mensonges plus vrais que la réalité, qu’ils brodent à partir de la vie des autres comme celle d’Hitler (Christian Millau, Le passant de Vienne, Le Rocher) et de Jésus (Frédéric Mars, Le Sang du Christ, Michel Lafon), ou de personnages créés de toutes pièces comme l’Ariane de Jakuta Alikavazovic, aperçue pour la dernière fois dans un cinéma pleins de fantômes (Le Londres-Luxor, L’Olivier). Pour les indécis, reste la sélection d’Annick Geille, une invitation à la lecture où se côtoient les bonnes feuilles de Thomas Bernhard, Françoise Sagan, Jean-Noël Schifano, Fabrice Gaignault, Nelly Alard, et du regretté Pierre-Jean Rémy. Eli Flory

Digressions]
Gignol’s books… par Joseph Vebret

DOSSIER
Journaux d’écrivains. De moins en moins intimes par Raphaël Juldé
Les frères Goncourt. Quatre mains, un seul cœur
par Frédéric Saenen
Jules Renard. Le journal d’un homme qui voulait être écrivain
par Marc Alpozzo
Kafka et Pavese. Le métier d’écrire
par Marc Alpozzo
Nabe et Matzneff. Hélios et Saturne au jour le jour
par Pierre Cormary
Feuilleton] Conseils aux écrivains qui envisagent de commencer leur journal intime par Christian Cottet-Emard

RENCONTRES
Renaud Camus. Promeneur littéraire par Joseph Vebret
Maxime Chattam : « J’écris pour vivre les aventures que je ne trouve pas dans la réalité »
par David Alliot
UNE VIE D’ÉCRIVAIN
Dominique Bona. Raconter des vies par Thierry Richard
ENTRETIENS
Christian Millau, Vienne, un banc public et un certain Adolf… par Stéphanie des Horts
Jakuta Alikavazovic : « Tout découle de l’écriture, elle crée ses propres conditions »
par Éric Bonnargent
Frédéric Mars. Des Évangiles au thriller
par Joseph Vebret
Christophe Mory. Le rapport au sacré
par Joseph Vebret
APARTÉ
Thierry Ardisson. L’écriture ou la vie par Joseph Vebret

CLASSIQUE
Flaubert savait-il écrire ? Retour sur une polémique par Jean-François Foulon

LE CAHIER DES LIVRES
Focus, Romans, Documents, Musique, En vrac
Les livres que vous n’avez pas lus] Une petite qui vaut bien des grandes par Bertrand du Chambon
Musique & littératures] Tristesse nationale par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures] Vous reprendrez bien un peu de « Blanc-Sec » ? par Anne-Sophie Demonchy
Relecture] O-Yoné et Ko-Haru de Wenceslau de Moraes par Stéphanie Hochet
Chemin faisant] La mort est au bout par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches] De Manosque à Brazzaville par Anthony Dufraisse
Poésies] La chair du langage par Gwen Garnier-Duguy
Lire la musique] Pacôme Thiellement, occulte et culte par Guy Darol

BONNES FEUILLES
La sélection d’Annick Geille : Kerouac inédit
Mes prix littéraires, Thomas Bernhard
Le lit défait, Françoise Sagan
Voyage présidentiel, Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française
Le vent noir ne voit pas où il va, Jean-Noël Schifano
Aspen terminus, Fabrice Gaignault
Le crieur de nuit, Nelly Alard
Ces auteurs qui font le printemps
par Annick Geille

Feuilleton]
Voyage dans une bibliothèque par Raphaël Juldé
Feuilleton] L’Auteur dîne chez son éditeur par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains] Jean-Marie Rouart par Louis Monier

Avec : Emmanuelle Allibert, David Alliot, Marc Alpozzo, Stéphane Beau, Jean-Daniel Belfond, Éric Bonnargent, Brigit Bontour, Arnaud Bordes, Adeline Bronner, Pierre Cormary, Christian Cottet-Emard, Guy Darol, Hubert de Champris, Anne-Sophie Demonchy, Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon, Pierre Ducrozet, Anthony Dufraisse, Eli Flory, Jean-Franois Foulon, Gwen Garnier-Duguy, Annick Geille, Christophe Henning, Stéphanie Hochet, Stéphanie Joly, Raphael Juldé, Valère-Marie Marchand, Ludovic Maubreuil, Christophe Mory, Olivier Philipponnat, Thierry Richard, Frédéric Saenen, Marc Villemain.

Photos : Louis Monier. Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.


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LE MAGAZINE DES LIVRES n°23
/ mars-avril 2010

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Synopsis] Les derniers du Culte
La littérature est une religion paraît-il, avec ses dieux, ses saints et ses martyrs. Dans le décalogue de l’écrivain, gravé en lettres d’or sur toutes les tables, cette injonction : « Tu ne copieras point. » Un interdit souvent enfreint, au nez et à la barbe des muses – so queer – présidant aux chefs-d’œuvre. Ainsi le dossier du mois, consacré au plagiat, traque-t-il dans l’écrivain le réécrivain, partout chez lui, qu’il revête le masque du plagiaire ou la pelisse du nègre. Histoire de rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. À cette occasion d’ailleurs, Bernard Fillaire, loin des circonvolutions universitaires, salue Auguste Maquet, le porte-plume d’Alexandre Dumas père. «L’homme de génie ne vole pas, il conquiert », affirmait ce dernier des derniers. Une manière habile pour ce « monstre de fécondité » de confesser ses péchés et de s’en absoudre. Ce mois-ci, pour prêcher la bonne parole derrière l’autel de la littérature, deux de ses plus fidèles évangélistes. Chacun y va de son couplet, stigmatisant les mécréants et les blasphémateurs. Pour Richard Millet, la littérature est une et indivisible, elle ne peut être simplifiée ni dans sa langue – l’âme du texte – ni dans son histoire. « Le pitch du Paysan de Paris c’est : un homme se promène dans Paris. Et puis c’est tout », ironise Jean d’Ormesson. « D’ailleurs Phèdre, comment on pitche ça ? Une belle-mère est amoureuse de son beau-fils qui est victime d’un accident de la circulation ou enlevé par un dragon ? » Ah ! Ces manies d’échotiers, suppôts de Satan ! L’académicien assis au 12e fauteuil a siégé quelques années sous la Coupole à côté d’un de ses pairs qui, comme lui, portait les deux casquettes : Joseph Kessel. Kessel, dont Gilles Heuré rappelle l’élection difficile, considéré par certains non comme un écrivain mais comme un journaliste. Lui-même grand reporter à Télérama, Heuré vient de publier un roman inspiré du premier Manifeste du surréalisme d’André Breton, du temps où le grand réformateur de la littérature en avait soupé des fiat lux romanesques, du type « La marquise sortit à cinq heures... » (L’homme de cinq heures, Viviane Hamy). Kessel encore, un des amis les plus proches d’Henri Béraud, l’un des reporters les plus célèbres et les mieux payés d’avant-guerre, double prix Goncourt en 1922 et mort trente-six ans plus tard dans l’anonymat le plus complet, après avoir échappé de justesse à la peine de mort. C’est que le Dieu littérature est cruel avec ses enfants. Du moins avec ceux qui ont le souci de leur gloire. Ce n’est pas le cas de Jean-Bernard Pouy, le père de Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, orchidoclaste de son état (en grec : casseur de couilles). Un écrivain démiurge, chantant les louanges du rock’n’roll et conchiant les « têtes de gondoles » qu’il préfère nettement sur le Grand canal. Et puis, il y a les enfants-martyrs, adorés par certains et maudits par d’autres. En rencontrant Bernard-Henri Lévy, Le magazine des Livres a tenté de percer le mystère de celui dont le rôle est « plus de montrer le mal que de démonter la mécanique du monde ». Alors ? Saint Bernard ou affreux Judas ? Le texte inédit signé Fred Vargas est un début de réponse... En parlant de saint Bernard, un autre à ne pas manquer en ce mois printanier, c’est Bernard Frank. À l’heure où Flammarion s’apprête à republier Solde, Le magazine des Livres a déniché trois trésors : le programme destiné à la presse lors de la parution de l’ouvrage en 1980, une page inconnue extraite son manuscrit et un portrait de Sagan. Enfin, sous la houlette d’Annick Geille, quelques pages de Patrick Modiano, Jérôme Garcin, François Cérésa, Christian Oster, Élisabeth Badinter et Dominique Simon... La littérature est une religion vous dis-je, une religion polythéiste. Eli Flory

Digressions] Lectures par Joseph Vebret
DOSSIER
Tu ne plagieras pas ton voisin par Eli Flory
RENCONTRE
Bernard-Henri Lévy sans masque par Joseph Vebret

CARTE BLANCHE À…
Fred Vargas. Sur le chemin

Aparté] Conseils à ceux qui croient pouvoir aider un écrivain en difficulté par Christian Cottet-Emard

RENCONTRE
Richard Millet : « Je défends la littérature » par Joseph Vebret

Une vie d’Écrivain
Jean d’Ormesson. Le bonheur d’écrire par Thierry Richard
Lire la musique] Rap et minimalisme par Guy Darol
ENTRETIEN
Gilles Heuré. À la rencontre de Paul Valéry par Joseph Vebret
Chemin faisant] Morceaux d’Amérique par Pierre Ducrozet
ENTRETIEN
Jean-Bernard Pouy. Le retour du Poulpe par Pierre Gillieth
CLASSIQUE
Alexandre Dumas. Cherchez le « nègre » par Frédéric Saenen
Les livres que vous n’avez pas lus] La face cachée de Cocteau par Bertrand du Chambon
Perdu de vue
Henri Béraud, un demi-siècle plus tard par Francis Bergeron
DOCUMENTS
Inédits : Bernard Frank en VO par Annick Geille
IDÉES
Pierre Leroux, un théoricien oublié, un philosophe négligé
par Jean-François Foulon
Économie du livre] Pasionarias de la librairie par Christophe Rioux
Les mains dans les poches] Dispersion par Anthony Dufraisse
LE CAHIER DES LIVRES
Focus, Romans, Documents, Théâtre, Musique, Revues, BD, En vrac
Musique & littératures] Le bonheur tranquille de Clarika par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures] Un Dumas caricatural par Anne-Sophie Demonchy
Relecture] L’Éternel mari de Dostoïevski par Stéphanie Hochet
Poésies] Petit tour de table par Gwen Garnier-Duguy
BONNES FEUILLES
La sélection d’Annick Geille
L’horizon, Patrick Modiano
Dans la cathédrale, Christian Oster
Les carnets d’Alexandra, Dominique Simon
L’écuyer mirobolant, Jérôme Garcin
Petit papa Noël, François Cérésa
Le conflit, Élisabeth Badinter
Quelques auteurs marquants
par Annick Geille
Il était une fois l’Auteur…] L’Auteur participe à un salon (suite et fin) par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains] Bernard Frank par Louis Monier

Avec : Emmanuelle Allibert, Marc Alpozzo, Bartleby, Stéphane Beau, Jean-Daniel Belfond, Francis Bergeron, Brigit Bontour, Arnaud Bordes, Adeline Bronner, Christian Cottet-Emard, Pierre Cormary, Guy Darol, Anne-Sophie Demonchy, Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon, Pierre Ducrozet, Anthony Dufraisse, Eli Flory, Jean-François Foulon, Gwen Garnier-Duguy, Annick Geille, Pierre Gillieth, Christophe Henning, Stéphanie Hochet, Christophe Mory, Jean-Jacques Nuel, Olivier Philipponnat, Thierry Richard, Christophe Rioux, Frédéric Saenen, Cécile Thomas, Marc Villemain, Carole Zalberg.
Photos : Louis Monier / Couverture : François Bouchon.
Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.



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LE MAGAZINE DES LIVRES n°22
/ janvier-février 2010

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Synopsis]

Dans une lettre datée du 18 novembre 1832, Balzac, 33 ans, demande à Eugène Sue, 28 ans : « Avez-vous bien des ennemis ? » Le premier a déjà produit quelques « cochonneries littéraires », comme il les nommera plus tard, le second n’a pas encore publié la moindre ligne, préférant courir la gueuse et s’ébaudir au Jockey Club. Qu’importe ! Pour être écrivain, il suffit de le prétendre : « Les ennemis ? répond "le beau Sue", Oh ! Très bien, parfaits et en quantité. » C’est qu’embrasser la carrière littéraire revient souvent à s’exposer aux désillusions, aux railleries et aux ragots. Le dossier de cette livraison du Magazine des Livres est consacré aux méchants lettrés, passés maîtres ès « éreintements », selon le terme cher au XIXe siècle. Les écrivains sont-ils à plaindre ? Il ne semble pas à en croire Claire Castillon (Les Cris, Fayard) et Anna Gavalda (L’échappée belle, Le Dilettante). La première vit la littérature à travers le « ressenti » et rougit d’être comparée à Marguerite Duras, le classique du mois. Quant à l’auteur-phare du Dilettante, elle privilégie la mémoire des émotions vécues aux carnets noircis d’encre : « Parfois, je note des phrases, des expressions, et de quelques mots glanés au hasard, peut naître tout un roman. » Tout un roman ou toute une mise en scène, comme celle de l’actrice Anouk Grimberg, la bouche d’ombre qui chante Rosa Luxemburg plus qu’elle ne la lit. Une écrivaine digne des rêves du dramaturge cubai Eduardo Manet, auteur de livrets d’opéra et romancier primé dans la langue de Molière par l’Interallié et le Goncourt des lycéens. Dans un monde régi par le libéralisme de quoi aurait besoin la littérature ? « D’un Che Guevara poète et antimilitariste mais capable de lutter pour que le monde et la littérature deviennent plus conscients, lucides et généreux. » L’écrivain roumain Norman Manea est de cette espèce. Comme le prix Nobel de littérature 2009 Herta Müller, il a quitté sa terre natale et vit désormais à New York. Son œuvre, marquée par la folie burlesque de l’époque de Ceausescu, est immense. Celle de Richard Morgiève (Mouton, Éditions Carnets Nord) qui a découvert sa vocation d’écrivain en débarrassant des caves aussi : « La cave c’est le fondement, c’est le passé, c’est le rebut, ce dont on ne veut plus. » À l’orée d’une nouvelle décennie, qu’il en soit ainsi : débarrassons-nous des scories de l’ancienne.
Janvier est également un mois riche en découvertes littéraires. C’est ainsi qu’
Annick Geille propose une sélection éblouissante, les bonnes feuilles de Jacques Cheissex, Dominique Bonna, Renaud Camus, Bernard Frank, Patrick Grainville, Philippe Sollers, Frédéric Vitoux, et Christian Gailly, mais aussi les douze autres livres à ne surtout pas manquer.
Que 2010 vous apporte ce que vous attendez d’elle !
Eli Flory

MAGAZINE
Dossier
Les affreux méchants lettrés, par Claire Julliard et Alain Sanders

RENCONTRES
Une vie d’écrivain
Anna Gavalda : « Le style, ce sont les personnages », par Thierry Richard
Entretiens

Claire Castillon. L’écoute intérieure, par Joseph Vebret
Eduardo Manet. Un octogénaire à Paris, par Gwen Garnier-Duguy et Matthieu Baumier
Anouk Grinberg. « Tout le monde cherche son livre de vie », par Christophe Henning
Joël Schmidt. Ode à la femme rêvée, puisse-t-elle ne pas exister…, par Stéphanie des Horts
Richard Morgiève : « Je suis un débarrasseur de caves », par Joseph Vebret
Norman Manea. Le témoin exilé, par Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy


LIRE & RELIRE
Classique
Marguerite Duras. Écrire, forcément écrire, par Marc Alpozzo, Christian Cottet-Emard et Valère-Marie Marchand
Aparté

Conseils aux écrivains trop gentils, par Christian Cottet-Emard


LE CAHIER DES LIVRES
Focus
Entretiens avec Michel Crépu et Etienne de Montety, par Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy
Critiques
En vrac,
par Stéphanie des Hors
Bonnes feuilles
La sélection d’Annick Geille
Jacques Chessex, Le dernier crâne de M. de Sade
Dominique Bona, Clara Malraux
Renaud Camus, Une chance pour le temps
Bernard Frank, Les Rats
Patrick Grainville, Le baiser de la pieuvre
Philippe Sollers, Discours parfait
Frédéric Vitoux, Grand Hôtel Nelson
Christian Gailly, Lily et Braine
Quelques très bons auteurs de janvier par Annick Geille

CHRONIQUES
Digressions
Sérendipité, par Joseph Vebret
Lire la musique
Gainsbourg élevé par une bibliothèque, par Guy Darol
Chemin faisant
À perdre Lenore, par Pierre Ducrozet
Économie du livre
Des poches plein les livres, par Christophe Rioux
Les livres que vous n’avez pas lus
Sur les traces de Traven, par Bertrand du Chambon
Relecture
Toute passion abolie de Vita Sackville-West, par Stéphanie Hochet
Les mains dans les poches
Declerck l’obscur, par Anthony Dufraisse
Musique & littératures
Michel Jonasz en cure psychanalytique, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
Vision esthétique du chaos par Anne-Sophie Demonchy
Il était une fois l’Auteur…
L’Auteur participe à un salon (premier jour) par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains
Patrick Modiano, par Louis Monier

Avec : Katrin Alexandre, Emmanuelle Allibert, Marc Alpozzo, Bartleby,
Matthieu Baumier, Stéphane Beau, Jean-Daniel Belfond, Brigit Bontour,
Adeline Bronner, Christian Cottet-Emard, Guy Darol,
Anne-Sophie Demonchy, Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon,
Pierre Ducrozet, Anthony Dufraisse, Eli Flory, Gwen Garnier-Duguy,
Annick Geille, Pierre Gillieth, Christophe Henning, Stéphanie Hochet,
Claire Julliard, Clara Mainardi-Baignis, Valère-Marie Marchand,
Christophe Mory, Frédéric Ploton, Thierry Richard, Christophe Rioux,
Frédéric Saenen, Alain Sanders, Pascale Truck, Marc Villemain,
Carole Zalberg.
Photos : Louis Monier. Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.





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LE MAGAZINE DES LIVRES n°HS-21
/ janvier-février 2010

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Synopsis]
Les années se suivent et se ressemblent. Même décor, mêmes acteurs, même scénario : deux déferlantes, en janvier et en septembre, entrecoupées de rebondissements savamment médiatisés durant l’été et suivies des remises des prix. Un peu d’industrialisation, un soupçon de scandales, une pincée de polémiques, quelques phrases assassines, et c’est reparti pour un tour.
Mais au final, reste l’essentiel : des milliers de livres en quête d’acheteurs et des écrivains en quête de lecteurs. Plutôt que de proposer les sempiternelles listes de meilleurs (ou plus mauvais) livres de l’année, nous avons adopté une approche plus globale dans ce numéro spécial en forme de bilan : proposer une large sélection des livres parus en 2009 – forcement subjective –, quelques 200, qui nous paraissent sortir du lot, un panorama de l’année littéraire, un choix de ressentions parues dans
le Magazine des Livres, auquel s’ajoutent des critiques inédites. Et parce que les petites histoires du monde du livre constituent la grande histoire de la littérature, quelques repères chronologiques viennent replacer les faits et gestes dans leur contexte.
Restait une question, futile donc intéressante : s’il fallait ne retenir qu’un écrivain et un livre, lesquels seraient-ils ? À n’en point douter l’exilé volontaire
Michel Déon dont c’est le grand retour, une figure de l’histoire littéraire, un auteur qui vaut d’être redécouvert et Philip Roth qui à travers son dernier livre traduit en France, Exit le fantôme, donne le meilleur de la littérature anglo-saxonne tout en livrant une vraie réflexion sur l’écriture. Un choix réducteur, certes, mais incontournable. Eli Flory


Digressions
Choix subjectif, par Joseph Vebret
Repères
2009 en dates, par Eli Flory
L’écrivain de l’année
Michel Déon (de l’Académie française). Conquérant de la liberté, par Thierry Richard
Le livre de l’année
Exit Ghost. Une lecture de Philip Roth, par Alexis Blass
Les livres de l’année
Romans. Polars, SF. Érotiques. Documents, essais. En vrac.

Avec : Katrin Alexandre, David Alliot, Marc Alpozzo,
Bartleby, Mathieu Baumier, Stéphane Beau,
Francis Bergeron, Stéphane Berthomet,
Brigit Bontour, Arnaud Bordes, Alexis Brass,
Hubert de Champris, Guy Darol, Anne-Sophie Demonchy,
Pierre Ducrozet, Eli Flory, Jean-François Foulon,
Virginie François, Christopher Gérard, Samia Hammami,
Christophe Henning, Stéphanie des Horts, Léthée Hurtebise,
Yasmina Jaafar, Pierre Jobic, Claire Julliard,
Clara Mainardi-Begnis, Valère-Marie Marchand,
Gerald Messadié, Christophe Mory, Frédéric Ploton,
Olivier Quelier, Thierry Richard, Amélie Rouher,
Sophie Sacre, Frédéric Saenen, Cécile Thomas,
Sarah Vajda, Marc Villemain,
Daniel Walther, Carole Zalberg.
Photos : Louis Monier.
Illustrations : Miège.
Coordination : Delphine Gay.


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LE MAGAZINE DES LIVRES n°20 / novembre-décembre 2009

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Synopsis]

À Delphine de Vigan, que Le magazine des Livres a rencontrée à l’occasion de la parution de son dernier roman, Les Heures souterraines (JC Lattès), les jurés du prix Goncourt ont préféré le très beau livre de Marie NDiaye. Victoire d’autant plus remarquable qu’elle est celle d’une femme, et que les femmes sont souvent boudées par les prix littéraires de l’automne. Laurent Mauvignier et Jean-Philippe Toussaint, quant à eux, s’en retournent bredouilles. Dix ans maintenant que les éditions de Minuit n’ont plus été récompensées par le prix des prix. La maison, fondée sous l’Occupation par Pierre de Lescure et Jean Bruller, alias Vercors, a fonctionné clandestinement jusqu’à la Libération. Éminent représentant de la Résistance, c’est l’auteur du Silence de la mer qui préside aux côtés de Pierre Seghers et de Louis Aragon le Comité National des Écrivains. Le 18 septembre 1944, le CNE émet une liste de plus de cent noms d’intellectuels suspectés d’avoir collaboré avec le régime nazi pendant la guerre. S’y côtoient des personnalités en vue – Louis-Ferdinand Céline, Alphonse de Châteaubriant, Jacques Chardonne, Pierre Drieu la Rochelle, Jean Giono, Charles Maurras, Henri de Montherlant, Roger Martin du Gard – et d’autres maintenant oubliées comme Émile Bocquillon, Jean Xydlas, le Colonel Massol ou Hector Ghilini. Une liste qui chasse celle établie en 1940 par Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne à Paris, mettant à l’index 1 060 œuvres considérées germanophobes. Le dossier du mois revient sur ces talents fourvoyés de la Collaboration littéraire, vaste nébuleuse hétéroclite. Pour juger ce que Frédéric Saenen appelle une « cohorte d’antisémites de gauche, de pacifistes se ralliant au camp des négociateurs et des signataires de traités, d’éternels incertains qui tergiversent d’un extrémisme à l’autre, par idéalisme ou désœuvrement, de phobiques du rouge qui préfèrent, à tout prendre, l’ordre hitlérien à la chienlit communiste », une seule idée : celle rappelée par Sébastien Lapaque à l’occasion de la parution des Identités remarquables (Actes Sud), selon laquelle l’écriture est une responsabilité personnelle. Les ennemis d’aujourd’hui ont bien changé. Patrick Eudeline (Rue des Martyrs, Grasset), le dandy punk, stigmatise les années fric couplées à une morale insupportable. Pour Lucien Suel, l’auteur de La Patience de Mauricette (La Table ronde), « les ondes électromagnétiques et leurs relais hertziens ou satellites favorisent largement l’invasion des profanateurs de littérature ». Le Kindle pourrait-il en être ? Lancé simultanément dans une centaine de pays, après son arrivée il y a deux ans sur le marché américain, l’eBook d’Amazon fait peur selon Christophe Rioux, qui précise : « Le précédent de l’iPod, dans toutes les mémoires, tout comme le traumatisme de l’industrie du disque, inquiète au plus haut point les industries culturelles, et particulièrement les professionnels du monde de l’édition. » Charles Dantzig, qui définit la vie d’un écrivain comme une prison qu’on a voulue, est ailleurs. Comme Alexandre Skorobogatov, censuré en Russie pour certains passages de son roman (Véra, Autrement), et Brian Evenson, cet ancien prêtre qui a grandi dans la foi mormone, mais pour lequel la plus belle des religions reste l’écriture. Trois de ses textes – le recueil de nouvelles Contagion et deux romans, Inversion et La Confrérie des Mutilés – sont disponibles dans la collection « Lot 49 » du Cherche-Midi, dirigée par les chercheurs d’or Claro et Arnaud Hofmarcher. Bruno de Cessole, un autre orpailleur du verbe, a retrouvé les traces de Charles de Sévigné, le fils de la Marquise (Le moins aimé, La Différence). Marie Darrieussecq a retrouvé celles d’Ovide, et nous livre une nouvelle traduction des Tristes et des Pontiques, réunis sous le titre de Tristes pontiques. Un clin d’œil à Claude Lévi-Strauss, une des dernières grandes figures de la pensée du XXe siècle, récemment disparu. L’anthropologue venait d’avoir 100 ans. Un siècle ! Eli Flory

MAGAZINE
Dossier
Les talents fourvoyés de la Collaboration littéraire, par Frédéric Saenen

RENCONTRES
Une vie d’écrivain
Charles Dantzig. L’esthétique de la fuite, par Thierry Richard
Entretiens

Delphine de Vigan : « J’écris mes livres à voix haute. », par Christophe Henning
Lucien Suel. Une aventure poétique, par Guy Darol
Bruno de Cessole. Pour l’honneur d’un fils, par Stéphanie des Horts
Brian Evenson. De l’Épitre au chapitre, par Bartleby
Patrick Eudeline. Dandy de l’asphalte, par Pierre Gillieth
Alexandre Skorobogatov. Anticonformiste, par Léthée Hurtebise
Yves Frémion. Observateur de la chaine du livre, par Joseph Vebret
Sébastien Lapaque. Écrivain française, par Christopher Gérard


LIRE & RELIRE
Classique
Les lettres latines à l’honneur. Ovide retraduit par Marie Darrieussecq,
par Jean-François Foulon
Aparté

Conseils aux écrivains qui veulent soigner leur image,
par Christian Cottet-Emard


LE CAHIER DES LIVRES
Critiques
En vrac,
par Stéphanie des Hors
Tirés à part,
par Éric Poindron
Bonnes feuilles
La sélection d’Annick Geille
Françoise Sagan, Des yeux de soie
Christine Jordis, L’aventure du désert
Pierre-Louis Basse, Comme un garçon
Yann Moix, Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson
Pascal Bruckner, Le paradoxe amoureux
Eli Flory, Le dico incorrect de la littérature

CHRONIQUES
Digressions
Écrire à la marge, par Joseph Vebret
Économie du livre
Kindle surprise, par Christophe Rioux
Les livres que vous n’avez pas lus
Michel Le Bris, homme-monde, par Bertrand du Chambon
Relecture
Verre cassé d’Alain Mabanckou, par Stéphanie Hochet
Lire la musique
Mille Bashung, par Guy Darol
Les mains dans les poches
D’Henry James à George Steiner, par Anthony Dufraisse
Chemin faisant
De la couleur des rêves, par Pierre Ducrozet
Musique & littératures
Marcel Amont, le tour de chant en 80 ans, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
Délicate adaptation, par Anne-Sophie Demonchy
Il était une fois l’Auteur…
L’Auteur concourt à un prix par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains
Claude Lévi-Strauss, par Louis Monier

Avec : Emmanuelle Allibert, Marc Alpozzo, Bartleby,
Matthieu Baumier, Jean-Daniel Belfond, Brigit Bontour,
Arnaud Bordes, Christian Cottet-Emard, Guy Darol,
Hubert de Champris, Anne-Sophie Demonchy,
Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon, Pierre Ducrozet,
Anthony Dufraisse, Eli Flory, Jean-François Foulon,
Annick Geille, Christopher Gérard, Pierre Gillieth,
Christophe Henning, Stéphanie Hochet, Léthée Hurtebise,
Pierre Jobic, Valère-Marie Marchand, Gerald Messadié,
Christophe Mory, Jean-Jacques Nuel, Olivier Philipponnat,
Éric Poindron, Jean-Yves Reuzeau, Thierry Richard,
Christophe Rioux, Frédéric Saenen, Cécile Thomas,
Sarah Vajda, Marc Villemain, Carole Zalberg.
Photos : Louis Monier. Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.



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LE MAGAZINE DES LIVRES n°19
/ septembre-octobre 2009

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Synopsis]

Le 28 mars 1947, Edmond Rougé, représentant de commerce, tuait Anne-Marie Masson parce qu’elle le trompait. Dans la chambre du crime, ouvert sur un meuble, les enquêteurs avaient retrouvé un exemplaire de J’irai cracher sur vos tombes, signé Boris Vian, le classique du mois. Le scandale éclate. France Libre titre : « Hanté par ses lectures, un homme étrangle sa maîtresse en suivant les méthodes de son livre de chevet ». Lire nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage, c’est bien connu… L’avocat Emmanuel Pierrat (Les grandes énigmes de la justice, Générales First) est bien placé pour le savoir : sur ces vingt dernières années, les législateurs ont voté la provocation au suicide, au terrorisme, à l’usage des stupéfiants… Qu’on se le dise : la fiction est désormais obligée d’être plus légaliste que la réalité.
Si l’on en croit
Sylvie Germain, que le Magazine des Livres a rencontré à l’occasion de la parution de son dernier roman, hors champ (Albin Michel), « dès qu’on écrit un livre, on y met certaines intentions qui parfois ne sont pas explicites ». Un roman bien éloigné de la tendance de l’époque telle qu’Hubert Haddad (Géométrie d’un rêve, Zulma) la définit : « Aujourd’hui, le naturalisme déjanté, l’autofiction, le miniaturisme un peu maniaque, participent majoritairement d’une littérature à la petite semaine, sagement boutiquière. Ce n’est plus de la littérature, c’est du commerce de literie. Il y a des écrivains qui se mettent en danger, d’autres qui fuient le danger avec plus ou moins de talent… et puis il y a, plus que jamais, ce commerce invasif, confusionnel. »
Commerce auquel participe la valse des prix littéraires, 2 000 au total,
« un élément crucial du marketing littéraire et de la trésorerie éditoriale » selon la chronique de Christophe Rioux. Alors, pour éviter l’écueil de la judiciarisation de la chose écrite et de l’autofiction mollassonne, Jean-Luc Moreau a lancé voici quelques années une collection d’autobiographies fictives : « Alter ego ». L’auteur doit imaginer la vie qui aurait été la sienne, tel qu’il se connaît (ou croit se connaître), s’il avait vécu à telle ou telle époque du passé, dans telle ou telle partie du monde, librement choisis par lui. Alain Fleischer fait paraître Moi, Sàndor, F. Un travail de recomposition tout aussi fantasmatique que celui mené dans son troisième roman par Hadrien Laroche, un écrivain qui ressemble à ce qu’il écrit (La Restitution, Flammarion).
C’est que les livres ont un visage, que
Jérôme Garcin aime à portraiturer avec talent (Littérature vagabonde, Flammarion). Un jour peut-être s’attaquera-t-il à ceux des deux enfants terribles de la littérature française, Frédéric Beigbeder et Michel Houellebecq, l’ermite mondain versus l’idole wannabetique. Le premier se raconte dans Un roman français (Grasset), son douloureux passage à l’âge adulte à la faveur d’une garde à vue et livre ici quelques secrets de fabrication. Le second se tient « au bord du précipice » et joue avec les médias au jeu de l’amour et de la haine. Chat échaudé craint l’eau froide, il a toutefois accepté de recevoir Joseph Vebret et Pierre Cormary, pour une longue conversation à bâtons rompus, sans fard ni parti pris. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le personnage ne saurait laisser indifférent.
Bonne rentrée et bonne lecture ! Eli Flory

MAGAZINE
Dossier

Michel Houellebecq. Irrécupérable ?, par Pierre Cormary et Joseph Vebret

Ecce homo, par Pierre Cormary

RENCONTRES
Entretiens

Jérôme Garcin. Visiteur littéraire, par Joseph Vebret
Alain Fleischer. Autoportrait dans la peau d’un autre, par Joseph Vebret
Hubert Haddad. L’écriture kaleïdoscopique, par Joseph Vebret
Sylvie Germain. Une écriture parabolique, par Christophe Henning
Emmanuel Pierrat : « La fiction est désormais obligée d’être plus légaliste que la réalité », par Joseph Vebret
Hadrien Laroche. Spoliations et restitutions, par Eli Flory

Une vie d’écrivain
Frédéric Beigbeder. L’ermite mondain, par Thierry Richard

LIRE & RELIRE
Classique
Et Vian créa sa vie…, par Valère-Marie Marchand
Aparté

Conseils aux écrivains qui doivent répondre à des questions embarrassantes, par Christian Cottet-Emard


LE CAHIER DES LIVRES
Bonnes feuilles
La sélection d’Annick Geille

Jean-Philippe Toussaint, La Vérité sur Marie
Frédéric Beigbeder, Un roman français
Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc
Serge Joncour, L’homme qui ne savait pas dire non
Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes
Pierre Péju, La Diagonale du vide
Patrick Poivre d’Arvor, Fragments d’une femme perdue,
Lydie Salvayre, BW
Sacha Sperling, Mes illusions donnent sur la cour

CHRONIQUES
Digressions
Autres temps, mêmes mœurs, par Joseph Vebret
Lire la musique
Fluxus est Yoko Ono par Guy Darol
Relecture
Le Bel Été de Cesare Pavese par Stéphanie Hochet
Économie du livre
Prix littéraires : à tout prix ? par Christophe Rioux
Musique & littératures
Félix Leclerc retrouvé par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
Un hérisson sans piquant par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
L’Italie sans y croire par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
Chassés-croisés par Anthony Dufraisse
Il était une fois l’Auteur…
L’Auteur passe à la télé par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains
Jorge Luis Borges par Louis Monier




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LE MAGAZINE DES LIVRES n°18
/ juillet-août 2009

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Synopsis]
Ce mois-ci, au Magazine des livres, grand angle sur la Chine, la patrie du papier inventé au IIe siècle à partir des fibres du mûrier. Une littérature qui depuis la fin de la Guerre froide sort de son isolement malgré la censure d’état, portée par les adaptations cinématographiques de certains de ses romans. Ainsi, les jeunes, férus d’heroic fantasy lisent-ils plus que leurs parents… sur Internet. Mais, au-delà de cet aspect purement qualitatif, la littérature chinoise fait sa révolution, menée par de jeunes auteurs, qui puisent dans le patrimoine historique et culturel pour renouveler le genre, décrire, mais aussi et parfois dénoncer le système, qui est autre que le rôle de l’écrivain.

Une curiosité qui en vaut d’autres, pour ce numéro bruissant d’écrivains étranges. Les journées de l’écrivain-poète Giovanni Dotoli ont 35 heures ; Pascal Garnier, lui, partage son temps entre textes courts où il excelle dans l’art de mettre en scène des personnages fades à l’existence insipide, troublants romans noirs, littérature enfantine et peinture ; Frédérique Deghelt qui soulève l’unanimité dans la blogosphère avec son roman paru chez Actes Sud, La grand-mère de Jade ; Éric Neuhoff fait ce qu’il voulait faire quand il était adolescent : lire des livres, voir des films, écrire, être hors du temps et habiter Paris… Un rêve de jeunesse devenu réalité comme celui de Michel Chaillou, couronné du grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre en 2007, qui aurait dit à sa grand-mère maternelle, alors qu’il était assis sur son pot : « Je veux être un écrivain. » Ailleurs, une autre légende raconte qu’Alain-Paul Mallard, écrivain sans œuvre, serait le descendant d’un militaire français égaré sur les rives du fleuve Papaloapan lors de la guerre d’Intervention de 1861.
Des légendes vivantes, à l’instar de
Louis-Ferdinand Céline. Dans Rigodon, il écrit : « Nous vivons presque sept vies de chat, ça se voit, sept fois plus cons qu’eux... » En célinien averti, David Alliot fait défiler sur l’écran noir de la page blanche les sept vies de Céline, incontestable plus grand écrivain du XXe siècle, tandis que Philippe Sollers, parmi les premiers dès 1963, à prendre sa défense, rappelle quelques vérités sur le reclus de Meudon, sa vie, son style, son œuvre. Reste que le père du Voyage au bout de la nuit et de Bagatelles pour un massacre est l’auteur français le plus lu, le plus étudié et le plus volé en librairie. Et de fait, pas un mois sans qu’un essai à son sujet ne paraisse. Une profusion éditoriale qui permet de saisir les mystères d’une existence complexe loin des passions partisanes.
Annick Geille, enfin, propose dix livres à lire ou relire cet été, à la plage, la campagne ou la montagne, qu’importe, l’essentiel étant de ne jamais partir sans un livre.
Un cabinet de curiosités, vous dis-je…
Eli Flory

MAGAZINE
Dossier
Le nouveau monde littéraire chinois, coordonné par Tang Loaëc

RENCONTRES
Entretiens
Michel Chaillou : « Je ne cherche pas le style, c’est lui qui me trouve », par Joseph Vebret
Alain-Paul Mallard. Écrivain sans œuvre, par Bartleby
Pascal Garnier. Simple mais efficace, par Joseph Vebret
Giovanni Dotoli. Lorsque la parole est poésie, par Joseph Vebret
Frédérique Deghelt. Éprouver l’écriture, par Léthée Hurtebise
Une vie d’écrivain
Éric Neuhoff : « Écrire n’est pas une souffrance », par Thierry Richard

LIRE & RELIRE
Classique
Les sept vies de Louis-Ferdinand Céline, par David Alliot
Philippe Sollers. Relire Céline, par Joseph Vebret
Perdu de vue
Jacques Duboin, le banquier de l’Abondance, par Michel Loetscher
Aparté
Conseils aux écrivains qui se font interviewer, par Christian Cottet-Emard

LE CAHIER DES LIVRES
Bonnes feuilles
La sélection d’Annick Geille
Gérard Donovan, Julius Winsome
Jérôme Garcin, Les livres ont un visage
Philippe Grimbert, La mauvaise rencontre
Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie
Thierry Beinstingel, Bestiaire domestique
Cinq autres livres pour votre été, par Annick Geille

CHRONIQUES
Digressions
Lire, c’est vivre, par Joseph Vebret
Lire la musique
L’amour du vinyle, par Guy Darol
Relecture
La confession du pasteur Burg, de Jacques Chessex, par Stéphanie Hochet
Économie du livre
La Bande Dessinée : bulles spéculatives ?, par Christophe Rioux
Musique & littératures
Les colères de Serge Utgé-Royo, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
« Tout a commencé par une passe d’Éric Cantonna », par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
Ici où là, par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
Femmes, par Anthony Dufraisse
Il était une fois l’Auteur
L’auteur fait la promotion de son livre, par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains
Marcel Jouhandeau, par Louis Monier



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LE MAGAZINE DES LIVRES n°17
/ juin 2009

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Synopsis]

À l'heure où les Français redécouvrent avec bonheur de grandes écrivaines – faut-il féminiser le terme, quand on se souvient qu'au siècle dernier certaines femmes voyaient dans le terme de « poétesse » une minimisation de leur être ? – comme Mireille Havet, mise à l’honneur ce mois-ci, le Magazine des Livres consacre son dossier aux « femmes auteurs ». Ariane Bois, avec son premier roman, (Et le jour sera pour eux comme la nuit, Ramsay) fait son entrée dans cette communauté de femmes qu’on ne peut ranger sous un même label, toutes dotées d’une voix singulière. Elle emploie la sienne à traiter d’un sujet grave, celui du suicide des jeunes. Tout aussi tragique que l’existence de ces hommes et de ces femmes condamnés à vivre dans la rue. Harold Cobert a passé des nuits entières avec eux, au Fleuron Saint-Jean, péniche reconvertie en structure d’accueil, seule à accepter les SDF avec leurs chiens. De cette expérience, il a tiré un livre poignant (Un hiver avec Baudelaire, Héloïse d’Ormesson), lui qui a craint à une époque de sa vie connaître le même sort. À l’époque, il travaillait comme scénariste interne et directeur littéraire dans une petite boîte de production qui finançait ses projets grâce à leurs activités dans le multimédia : « La bulle Internet a explosé, ils ont fait faillite. Comme j’avais été rémunéré pendant presque trois années en droits d’auteur, je n’avais droit à rien. J’avais beau avoir été mensualisé et avoir perçu l’équivalent d’un salaire, le statut de cette rémunération ne m’ouvrait aucun droit en termes de chômage. En France, trois catégories sont les enfants pauvres de la création : les photographes, les artistes plasticiens, et les auteurs. » Des « intellos précaires », selon l’expression inventée par Anne et Marine Rambach il y a huit ans, auxquelles le magazine a donné carte blanche à l’occasion de la parution de leur nouvel opus (Nouveaux intellos précaires, Stock). Patrick Bauwen et Olivier Descosse, en conjuguant respectivement au métier d’écrivain celui de médecin urgentiste et d’avocat sont à l’abri des débuts de mois qui ressemblent à des fins de mois, comme Patrick Rambaud qui, depuis le prix Goncourt, n’a plus de problème pour payer son loyer avec, en prime, ce luxe qui n’a pas de prix : le temps. Le temps de muser dans les demeures des penseurs, des écrivains, des artistes, essaimées aux quatre coins de la France, que Renaud Camus a parcourues et consignées dans une série de livres passionnants (Demeures de l’esprit, Fayard). Fut un temps, il aurait été inspiré sans doute d’éviter les abords de celle d’André Gide, ce Protée de la littérature, qui avait pour habitude d’envoyer d’une pichenette, par la fenêtre de la salle de bain, ses lames de rasoir usagées. Un attentat quotidien jubilatoire, quand on saura qu’elles tombaient droit… dans la cour du Ministère de l’Intérieur jouxtant l’immeuble. Une facétie qui amuserait sans doute l’académicien Jean-Marie Rouart, à l’optimisme salutaire dans cette époque morose et chagrine : « Ceux qui considèrent que la littérature est morte sont toujours les mêmes : des gens qui n’ont ni curiosité ni enthousiasme, et qui projettent cette absence d’enthousiasme sur le monde qui les entoure. Si l’on veut faire danser la vie, il faut avoir une musique en soi. C’est pourquoi je fais tout pour croire en la vie… et heureusement, la vie me donne beaucoup de raisons de l’aimer. Il n’y a rien de pire que de dire qu’il n’y a plus de peinture, que l’art contemporain est nul, qu’il n’y a plus de littérature. C’est absurde et ridicule ! » À bon entendeur salut. Eli Flory


MAGAZINE
Dossier
L’écrivain est une femme comme les autres, par Eli Flory
Carte blanche à…
Anne et Marine Rambach. Les nouveaux intellos précaires, par Emmanuelle Friedmann

RENCONTRES
Entretiens
Jean-Marie Rouart. Un esprit libre, par Joseph Vebret

Patrick Bauwen. « Il y a un aspect thérapeutique dans l’écriture », par Brigit Bontour
Olivier Descosse. « Je n’invente rien », par Frédéric Ploton
Renaud Camus. La mémoire des murs, par Joseph Vebret
Harold Cobert. Une écriture externe, par Léthée Hurtebise

Une vie d’écrivain
Patrick Rambaud. Moitié main, moitié machine, par Thierry Richard
Premier roman
Ariane Bois, Et le jour pour eux sera comme la nuit, par Brigit Bontour

LIRE & RELIRE
Aparté

Conseils aux écrivains qui se savent rien faire d’autre, par Christian Cottet-Emard

Classique
André Gide, unique et multiple, par Frédéric Saenen
Perdu de vue
Mireille Havet, abracadabrante et vertigineuse, par Amélie Rouher

LE CAHIER DES LIVRES
Bonnes feuilles
La sélection d’Annick Geille
Thomas Bernhard, Extinction
Franz-Olivier Giesbert, Le Lessiveur
Antoine Compagnon, Proust, la mémoire et la littérature
Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez
Hubert Nyssen, L’Helpe mineure

CHRONIQUES
Digressions
Comptes de fées, par Joseph Vebret
Lire la musique
Ascenseur pour le jazz, par Guy Darol
La vie de salon
La scène littéraire, par Claire Julliard
Les livres que vous n’avez pas lus
Un OVNI de belle envergure, par Bertrand du Chambon
Économie du livre
Littérature et cinéma : de l’écrit à l’écran, par Christophe Rioux
Musique & littératures
Michel Buhler ne veut plus raser les Alpes, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
Millénium, une version cinéma édulcorée, par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
Fureur et tremblements, par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
Tout pour plaire, par Anthony Dufraisse
Il était une fois l’Auteur…
L’auteur fait la promotion de son livre, par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains

E. M. Cioran, par Louis Monier



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LE MAGAZINE DES LIVRES n°16
/ mai 2009

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Synopsis]

Où va le livre ? Olivier Bessard-Banquy (La vie du livre contemporain, PU Bordeaux), à qui le Magazine des Livres a donné carte blanche, s’interroge : la France a de bons auteurs, de bons éditeurs, de bons libraires mais a-t-elle encore de bons lecteurs ? À en croire la vigueur des blogs de lecteurs, on ne peut répondre à cette question que par l’affirmative. Une myriade de lecteurs et de lectrices tissent leur toile sur le Net, lisant tous azimuts, seulement guidés par le plaisir du texte. Sans doute trouveront-ils dans ce numéro printanier de quoi étancher leur soif de découvertes. Avec Michel Déon, Irlandais d’adoption, et l’Écossais de souche Kenneth White, le Magazine des livres fait ce mois-ci l’Europe buissonnière. Deux magiciens du verbe, qui à leur manière, tiennent tête la médiocratie et à la « ridiculture ». À l’occasion de la sortie de son neuvième roman (Boomerang, Héloïse d’Ormesson), Tatiana de Rosnay évoque ses thèmes de prédilection, le passé, le présent, le futur liés par la magie de la mémoire. Philippe Djian, lauréat 2009 du prix Jean Freustié, quant à lui, revient sur sa vie d’écrivain passée à polir jour après jour la phrase ; une rencontre qui place l’écrivain au cœur du processus de création, avec en prime quelques secrets de fabrication. Jérôme Ferrari (Un dieu un animal, Actes sud) et Maud Lethielleux, dont le premier roman a été remarqué au Salon du Livre (Dis oui, Ninon, Stock), ont voix au chapitre, pour notre plus grand bonheur. Jean-Luc Barré, le biographe de François Mauriac, revient entre autres sur l’homosexualité de celui qui, jeune encore, fréquentait les salons de la poétesse Natalie Clifford Barney (convoquée en ces pages par Michel Loetscher), le plus grand péché des « ses plus semblables possibles ». L’une a élevé cette différence distinguée au rang des beaux-arts quand l’autre en a fait un problème majeur qui structure toute son œuvre. À noter avec l’efflorescence des premiers bourgeons, les bonnes feuilles qui sentent encore l’encre d’imprimerie de nos grands écrivains : Patrick Besson (1974, Fayard), Éric Fottorino (L’homme qui m’aimait tout bas, Gallimard), Michel le Bris (Nous ne sommes pas d’ici, Grasset), Éric Neuhoff (Les Insoumis, Fayard), Jean-Marie Rouart (Cette opposition qui s’appelle la vie, Grasset). Mais aussi la nouvelle chronique sur l’économie du livre du romancier Christophe Rioux (Tête de gondole, Flammarion), qui dans une vie parallèle enseigne à la Sorbonne et dans plusieurs grandes écoles. À lire chaque mois donc, puisque dorénavant le Magazine des livres est mensuel. Eli Flory


MAGAZINE
Dossier
Au pays des blogs de lecture, par Eli Flory
Carte blanche à…
Olivier Bessard-Banquy : Où va le livre ?

RENCONTRES
Philippe Djian : « La littérature est un vrai travail d’artisan, de tâcheron », par Thierry Richard

Un déjeuner de soleil avec Michel Déon, par Pierre Gillieth
Jérôme Ferrari, Métaphysique de l’abominable, par Léthée Hurtebise

Kenneth White. Un franc-tireur de l’esprit, par Joseph Vebret

Tatiana de Rosnay. Mémoire et secrets, par Léthée Hurtebise

Premier roman
Maud Lethielleux, Dis oui, Ninon, par Bertrand du Chambon


LIRE & RELIRE
Aparté

Conseils aux écrivains qui s’installent à la campagne, par Christian Cottet-Emard

Perdu de vue
Natalie Barney. Le perpétuel devenir de l’amour, par Michel Loetscher
Classique
François Mauriac (II). L’épouilleur, par Pierre Cormary

Entretien : Jean-Luc Barré. Le poids des non-dits, par Joseph Vebret


BONNES FEUILLES
La sélection d’Annick Geille
Patrick besson, 1974
Éric Fottorino,
L’homme qui m’aimait tout bas
Michel Le Bris,
Nous ne sommes pas d’ici
Éric Neuhoff,
Les insoumis
Jean-Marie Rouart,
Cette opposition qui s’appelle la vie

CHRONIQUES
Digressions
Mme Bovary, c’est lui !, par Joseph Vebret
Lire la musique
À la recherche de Syd Barrett, par Guy Darol
Relecture
La panne de Friedrich Dürrenmatt, par Stéphanie Hochet
Les carnets de Gil Jouanard
Vous avez dit « poète » ?
Les livres que vous n’avez pas lus
Objectif, rester en vie, par Bertrand du Chambon
Économie du livre
Le livre électronique : du numérique au numéraire ?, par Christophe Rioux
Musique & littératures
Vous avez dit soixante ans ?, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
Éloge de la fuite, par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
D’une boue à l’autre, par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
par Anthony Dufraisse
Il était une fois l’Auteur…
L’Auteur travaille avec son Éditeur, par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains
Maurice Druon, par Louis Monier


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LE MAGAZINE DES LIVRES n°15
/ avril-mai 2009

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Synopsis]

Le Salon du Livre, qui ouvrira ses portes le 13 mars prochain pourrait-il devenir virtuel ? Pourquoi pas, à considérer le nombre d’éditeurs qui a boycotté cette année la grand-messe de la porte de Versailles. Sans parler du rôle toujours plus grandissant d’Internet dans le monde de l’édition. Gérald Messadié, dont l’essai Jurassic France est paru en janvier dernier (L’Archipel), dresse un tableau plutôt sombre de l’évolution du milieu.
À l’heure où les best-sellers de demain sont publiés d’abord par leurs auteurs sur la Toile ou les téléphones portables, les acteurs traditionnels du livre ont-ils encore leur mot à dire ? Autres temps, autres mœurs, me direz-vous. Ainsi, combien de journalistes littéraires ont-ils trouvé refuge dans la blogosphère, cet univers ouvert à tous, hier encore confidentiel et boudé par ceux-là mêmes qui aujourd’hui frappent à sa porte ou s’inquiètent, à mots couverts, de l’ampleur prise par le phénomène ? Cette nouvelle Terreur menacerait-elle les têtes de la critique littéraire institutionnelle ? Il y a deux ans, le
New York Times s’inquiétait déjà de la disparition des critiques littéraires au profit des lecteurs blogueurs. Alors que dans les journaux américains, les pages dédiées aux livres se réduisaient comme peau de chagrin, la liste des blogs dits « littéraires » s’allongeait de jour en jour. La blogosphère littéraire, très hétéroclite tant sur le plan du contenu que de la forme, a actualisé un phénomène né il y a un siècle et demi, au moment où l’alphabétisation des masses et le droit à l’instruction pour tous devenaient les valeurs de la Troisième République naissante. Ainsi Paul Léautaud pestait-il déjà au début du XIXe siècle qu’on ne trouvât plus de femmes pour faire le ménage, parce qu’elles se mettaient toutes à écrire… La Valentine de Renoir, incarnée par Florelle, à l’heure du Front populaire, se moquait avec gouaille de la nouvelle tendance de l’époque : « C’est à la mode maintenant, tout le monde écrit ! » Oui, c’est à la mode, et à la mode depuis bien longtemps, tout le monde écrit et rêve de gloire littéraire, depuis que Rubempré et les siens ont placé dans la République des lettres tous leurs espoirs d’ascension et de reconnaissance sociales. Alors, combien de blogueurs à s’être spécialisés dans la chose littéraire ? Une multitude, composée de passionnés de lecture et d’écriture, de professeurs, de bibliothécaires, de libraires, d’auteurs ou d’écrivains, de journalistes, d’éditeurs… Toutefois, ne nous leurrons pas : inflation rime souvent avec dévalorisation. Ainsi, Le Magazine des livres a-t-il retenu ce mois-ci 20 blogs littéraires qui lui semblent incontournables. « Qui n’attend pas grand-chose de la vie peut bien vivre sans écrire » dirait Marc Villemain, que nous avons rencontré à l’occasion de la parution de son dernier recueil de nouvelles (Et que morts s’ensuivent, Seuil). Un numéro plein d’écrivains-voyageurs sous le patronage souriant de Michel Tournier, du Malouin Olivier Adam à Irène Frain, en passant par Bruno de Cessole, Jean-François Dauven et Ivanne Rialland, qui vient de publier son premier roman. Alors, entre planer et surfer, faut-il vraiment choisir ? Eli Flory

MAGAZINE
Dossier
Vingt blogs littéraires incontournables, par Eli Flory
Quartier libre
Philippe Sollers. Faire souffrir le diable, par Pierre Cormary
Une vie d’écrivain
Olivier Adam : « Ne jamais être plus intelligent que des personnages », par Thierry Richard
Carte blanche à…
Gerald Messadié. Où vont les produits littéraires ?

RENCONTRES
Michel Tournier. Le souffle romanesque, par Eli Flory
Philippe Djian : « Les lecteurs fuient les librairies par la faute des auteurs », par Annick Geille
Gerald Messadié. Pays en voie de fossilisation ?, par Joseph Vebret

Irène Frain : « Les mots sont dotés d’un pouvoir très fort, créateur ou destructeur », par Joseph Vebret
Marc Villemain. Lorsque le noir devient couleur, par Joseph Vebret
Bruno de Cessole. Un moraliste à l’humour acéré, par Christopher Gérard
Jean-François Dauven. Tout l’amour des villes, par Joseph Vebret
Carole Zalberg. Écrivain du passage, par Léthée Hurtebise
Xavier Patier. Un voyageur dans le temps, par Christophe Henning

Premier roman
Ivanne Rialland, C, par Joseph Vebret

LIRE & RELIRE
Aparté
Conseils à ceux qui veulent donner des conseils aux écrivains, par Christian Cottet-Emard
Perdu de vue
Louise Weiss. La mémoire d’une européenne, par Michel Loetscher
Classique
François Mauriac. Inquisiteur de la nature humaine, par Pierre Cormary

BONNES FEUILLES
La sélections d’Annick Geille
Pierre Assouline, Les Invités
Laure Buisson,
La reine des mousselines
Chloé Delaume,
Dans ma maison sous terre
Stéphanie Denis,
Un parfait salaud
Vivianne Forrester,
Virginia Woolf
William Marx,
Vie du lettré
Bernard Poulet,
La fin des journaux
Joseph Vebret,
Car la nuit sera blanche et noire

CHRONIQUES
Digressions
Les secrets de l’écriture, par Joseph Vebret
Lire la musique
Marc-Édouard Nabe, sans épines, par Guy Darol
Relecture
Le Cinquième enfant de Doris Lessing, par Stéphanie Hochet
Les carnets de Gil Jouanard
Vous et moi
Les livres que vous n’avez pas lus
Par un dimanche après-midi pluvieux, par Bertrand du Chambon
Musique & littératures
Canettti, le détecteur de poètes, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
L’étrange adaptation e benjamin Button, par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
D’une boue l’autre, par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
Histoires d’adieux, par Anthony Dufraisse
Il était une fois l’Auteur…
L’Auteur cherche un éditeur, par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains
Jean-François Revel, par Louis Monier



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LE MAGAZINE DES LIVRES n°14
/ février - mars 2009

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Synopsis]

À l’orée de cette nouvelle année, Le magazine des Livres se place sous le signe du neuf, avec un dossier consacré à la littérature jeunesse, en pleine expansion. N’en déplaise aux esprits chagrins, nos adolescents sont tout aussi friands d’Harry Potter que de Meursault, le héros de Camus. Alors, être lu dans les classes fait-il du prix Nobel de littérature un auteur classique ? Sûrement, mais plus encore. Roger Grenier, qui a croqué son portrait dans un recueil de souvenirs (Instantanés, Gallimard), revient sur son amitié avec le philosophe de l’Absurde. Un autre philosophe, Michel Onfray est mis à l’honneur ce mois-ci, pour ses intuitions vraies, tout en étant épinglé pour ses outrances manichéennes. Qui aime bien, châtie bien : « Dépourvue de nuances, analyse Stéphane Beau, la pensée onfraysienne se caractérise aussi par une absence quasi totale d’épaisseur psychologique. » Et d’ajouter : « Onfray n’aime pas les hommes : il aime l’idéal. Et gare à tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule de son idéal. » Et si 2008 nous était conté en 20 livres, que lirions-nous ? Certainement le premier roman de Peter Behrens (La loi des rêves, Christian Bourgois), une des révélations littéraires de l’an passé. Mais assurément l’œuvre surprenante de Jean-Marie Blas de Roblès, qui revient sur l’épopée de son livre, couronnée du prix Médicis (Là où les tigres sont chez eux, Zulma), à coup sûr le roman le plus surprenant de l’année 2008. Car tout ce qui accompagne ce livre est hors norme : sa pagination, le nombre des refus qu’il occasionna, son temps d’écriture et autant pour le faire publier, son succès impressionnant pour un roman aussi ambitieux, le nombre de prix qu’il obtint, l’engouement de la critique et du public, rare. Reste qu’en toute subjectivité – mais n’est-ce pas là le propre de la littérature ? – nous avons sélectionné les dix incontournables de l’année 2008, à lire toutes affaires cessantes si ce n’est déjà fait ; et les dix livres dont vous pouvez à la limite vous passer. Et, plutôt que de s’abîmer dans la lecture d’auteurs marketing autoproclamés boucs émissaires de la critique, pourquoi ne pas se plonger dans l’échange épistolaire de deux femmes de leur temps, Anny Duperey et Nina Vidrovitch (De la vie dans son art, de l’art dans sa vie, Seuil) ? Enfin, au détour des pages de ce premier numéro de l’année, des écrivains encore et encore, chacun avec leur marotte : Gordon Thomas, dont les romans pourraient être classés secret défense, Stéphanie Hochet et son goût pour la méchanceté que chacun de nous recèle au plus profond, Dominique Jamet et son goût pour les traîtres, ceux d’une certaine France qui sent encore le moisi, Gabriel Matzneff et son goût pour les femmes, jeunes. Des extraits aussi de quelques poids lourds de la rentrée de janvier : Paul Auster, Philippe Besson, Charles Dantzig, Dominique Fernandez, Philippe Sollers, Frédérick Tristan… Bonne lecture et bonne année ! Eli Flory

MAGAZINE
Dossier
La littérature jeunesse, par Anne-Sophie Demonchy
La fabrique
Michel Onfray. Caricatural un jour, caricatural toujours ?
par Stéphane Beau

RENCONTRES
Dominique Jamet. Le roman d’une France, par Joseph Vebret
Gabriel Matzneff. L’éducateur scandalisé, par Marc Alpozzo
Jean-Marie Blas de Roblès : « Je rêvais d’un roman total, d’un monstre littéraire », par Brigit Bontour
Stéphanie Hochet. Le combat avec l’Ange, par Amélie Rouher
Peter Behrens. La maîtrise du temps et du style, par Bertrand du Chambon
Anny Duperey. L’écriture comme nécessité, par Emmanuelle Friedmann
Garde à vue littéraire
Gordon Thomas, par Stéphane Berthomet


LIRE & RELIRE
Aparté

Conseils à ceux qui veulent déménager un écrivain, par Christian Cottet-Emard

Références
2008 en 20 livres, par Eli Flory
Perdu de vue
René Jeanne, une vie pour le cinéma, par Michel Loetscher
Classique : ALBERT CAMUS

Albert Camus ou l’ambiguïté d’une révolte, par Jean-François Foulon

Roger Grenier : « Camus m’a dit : Je ne te laisserai jamais tomber ! », par Annick Geille

LE CAHIER DES LIVRES
Bonnes feuilles
, par Annick Geille
Paul Auster, Seul dans le noir
Philippe Besson,
La Trahison de Thomas Spencer
Charles Dantzig,
Encyclopédie capricieuse du tout et du rien
Dominique Fernandez,
Ramon
Philippe Sollers,
Les Voyageurs du Temps
Extraits
Frédérick Tristan, Don Juan, le révolté
Louis Monier et Alain Dubos,
Vietnam, impressions
Bernard Cornwell,
Le chant de l’épée

CHRONIQUES
Digressions
Qu’est-ce qu’un livre ?, par Joseph Vebret
Lire la musique
Chansons à savoir, par Guy Darol
Il était une fois l’Auteur…
L’Auteur parle de son livre, par Emmanuelle Allibert
Relecture
Le Duel de Joseph Conrad
par Stéphanie Hochet
Les carnets de Gil Jouanard
Fonction apostolique
Les livres que vous n’avez pas lus
Les grandes Espérances du jeune Bedlam, par Bertrand du Chambon
Musique & littératures
Quand Allain Leprest prend son envol, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
Un chaos enthousiasmant, par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
Entre chien et loup, par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
Sous le signe de Nietzsche, par Anthony Dufraisse
Le questionnaire d’Olivia
Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal (éditions Héloïse d’Ormesson)
Visages d’écrivains
Paul Pavlowitch, par Louis Monier


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LE MAGAZINE DES LIVRES n°13 / décembre 2008 - janvier 2009

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Synopsis]

Ce mois-ci, au Magazine des Livres, les mal-aimés des Lettres se sont donné rendez-vous. Josyane Savigneau, la redoutée, la décriée, l’exécrée, telle qu’elle aime se dépeindre, revient sur sa traversée du désert quand, en 2005, elle est destituée du trône qu’elle occupait au journal Le Monde depuis quatorze ans. La solitude du coureur de « fonds » n’est pas étrangère non plus à Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy, comme en témoigne la controverse suscitée dans nos pages par la publication de leurs courriels extimes (Ennemis publics, Flammarion/ Grasset). Tout aussi « extime », La république des Livres, le blog de Pierre Assouline, ainsi qu’il le définissait à l’origine : « Ce que je fais avec ce blog d’écrivain et de journaliste, mélange de réflexions, de commentaires, d’informations, d’impressions et de critiques pourrait s’intituler Choses lues et relèverait d’un genre que l’on pourrait appeler "Journal extime". » Ce à quoi l’un de ses commentateurs de s’empressait de répondre : « Intime ou extime, le tout c’est que vous n’en fassiez pas un livre. » C’est chose faite, avec Brèves de blog (Les Arènes), composé d’une généreuse préface assortie de 600 commentaires d’internautes triés sur le volet. Une manière efficace d’être publié, malgré soi. Roxane Duru avait fait elle aussi de son blog l’antichambre du livre à venir. Mais à l’inverse de Passou, elle l’a fermé quand ses lecteurs se sont aperçus de la supercherie : Lou, l’héroïne créée pour la Toile, a continué à vivre sa vie, racontée dans le premier roman de la jeune femme (Petits pains au chocolat, Stéphane Million). Le premier roman, tout un mythe, sur lequel revient l’enquête du mois. Au bal des débutants, tout le monde n’a pas l’heur de s’appeler Françoise Sagan, qui, en 1954, faisait une entrée fracassante sur la scène littéraire avec son Bonjour Tristesse et ses 18 ans au compteur. À l’occasion de la réédition d’une série de ses Carnets (L’Herne), un hommage lui est rendu. Annick Geille, qui a vécu aux côtés de Bernard Frank et de Françoise Sagan, nous ouvre son album photo et raconte pourquoi elle a décidé un jour d’écrire Un amour de Sagan (Fayard). Est salué aussi comme il se doit J.M.G Le Clézio, autre jeune premier de la littérature quand, en 1963, il décroche le Prix Renaudot avec Le Procès-verbal. Depuis, ce voyageur sans bagages a fait de la beauté du monde sa terre d’élection, loin de toute notion d’« identité nationale » qui a inspiré à Patrick Girard un roman au vitriol sur la figure honnie de la mère (Un Fils indigne, Jean-Claude Gawsewitch). « Le style, c’est l’homme », se plaît à le rappeler Floc’h, le gentleman de la bande dessinée française. Et l’inspiration alors ? « C’est d’être tout le temps à la même heure au même endroit, selon l’académicien Jean Dutourd. « La Muse est une femme-soldat. Si vous êtes tout le temps à l’heure, elle est aussi à l’heure. Mais si vous êtes en retard, elle fout le camp. C’est pour ça que j’aime être un peu à l’avance. » Nous aussi, au Magazine des Livres ! Joyeuses fêtes. Eli Flory

MAGAZINE
Événement
Le Clézio, Prix Nobel de littérature, par Marc Alpozzo
Le Clézio, une passion française, par Eli Flory
Jérôme Garcin : « Le Clézio n’a jamais écrit pour la reconnaissance littéraire »,
par Annick Geille
Controverse
Michel Houellebecq vs Bernard-Henri Lévy. Ennemis publics ?
par Pierre Cormary et Gerald Messadié
Enquête
Premier roman, mode d’emploi, par Eli Flory

RENCONTRES
Entretiens
Pourquoi ont-ils tué Jo S. ?, par Olivier Quelier
Patrick Girard. Famille, je vous hais !, par Joseph Vebret
Pierre Assouline. Les blogs, nouveaux salons littéraires ?, par Joseph Vebret
Premier roman
Roxane Duru. Du blog au livre, par Joseph Vebret
Une vie d’écrivain
Jean Dutourd. Artisan en chambre, par Thierry Richard
Bande dessinée
Gentleman Floc’h. So british, dandy et facétieux, par Pierre Gillieth


LIRE & RELIRE
Références
Les 100 livres d’une vie (suite), par Eli Flory
Aparté
Conseils aux écrivains qui envoient des lettres de motivation,
par Christian Cottet-Emard
Classique : DU CÔTÉ DE CHEZ SAGAN
Aimez-moi, Sagan !,
par Amélie Rouher
Carte blanche à Annick Geille : 25 rue d’Alésia

LE CAHIER DES LIVRES
Bonnes feuilles
Hervé Guibert, Articles intrépides
Gamal Ghitany,
Les poussières de l’effacement
Gilles Martin-Chauffier,
Le roman de la Bretagne
Pierre Jourde,
Littérature monstre
Claire Garate,
Le regard des mots
Gérard Mordillat et Jérôme Prieur,
Jésus sans Jésus

CHRONIQUES
Digressions
L’écriture comme thérapie ?, par Joseph Vebret
Lire la musique
Avant-garde, par Guy Darol
Il était une fois l’Auteur…
L’auteur, entre Légende et Vérité, par Emmanuelle Allibert
Les carnets de Gil Jouanard
Le scribe accroupi
Relecture
La Faim de Knut Hamsun, par Stéphanie Hochet
La vie de salon
par Claire Julliard, Du pied à la lettre
Les livres que vous n’avez pas lus
Étrange histoire, par Bertrand du Chambon
Musique & littératures
Aznavour au risque de ses interprètes, par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures
En famille, par Anne-Sophie Demonchy
Chemin faisant
Païtiti mais presque, par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches
Éloges…, par Anthony Dufraisse
Le questionnaire d’Olivia
Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal
Visages d’écrivains
Claude Lévi-Strauss, par Louis Monier


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LE MAGAZINE DES LIVRES N°12 / septembre-octobre 2008

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« Voir arriver les livres de la rentrée littéraire signifie que l’on va tirer un trait absurde mais terriblement réconfortant sur tous les livres de la saison précédente dont on n’a pas pu parler. C’est une sorte de remise à zéro, de reset, qui est un grand moment de soulagement dans l’année littéraire pour mes confrères et pour moi-même. En outre, retrouver les nouveaux arrivants est toujours un plaisir. Si ce n’était pas le cas, ce serait inquiétant. Il y a toujours une excitation, un plaisir, une envie de découvrir ce que les éditeurs ont inscrit à leur programme. » Le critique Didier Jacob ouvre le bal ce mois-ci, à l’occasion de la sortie de son opus La Guerre littéraire, nourri des faits d’armes de son blog littéraire. De son côté, Le Magazine des Livres fait aussi sa rentrée, à sa manière, loin des querelles de clocher qui agitent le Landerneau des lettres. Seuls les bruissements de la langue ont droit de cité.
Pas de Christine Angot donc, mais des écrivains comme s’il en pleuvait et des mots en cascade. Du talent aussi, fruit d’ « une sorte d’obligation morale », selon
Elie Wiesel, interviewé à l’occasion de la sortie chez Grasset de son roman, Le cas Sonderberg. Aux côtés d’une littérature policière, fantastique ou sentimentale, existerait-il une littérature de la Shoah ? Peut-être, selon le prix Nobel de la Paix : « Toutefois, c’est un sujet vaste. Les historiens de la Shoah étudient les dates, les chiffres, les lois, les poèmes, la musique… tout cela fait partie d’une culture. Une culture qui est d’ailleurs une anti-culture, puisque la Shoah était contre la culture. En tout cas, il y a un segment, un terrain, qui est presque dominé par la fascination de la Shoah. » Pour son premier roman, Les Graffitis de Chambord, Olivia Elkaïm est partie sur les traces du « groupe de Chambord », au travers de trois générations d’intellectuels juifs, de père en fils, de quoi intéresser l’éditeur et l’écrivain René Guitton, qui fait son miel du fait religieux : « Le tout début du XXe siècle a été marqué par une période anticléricale. Puis il y a eu les deux guerres où, finalement, on a accepté, face à la mort, l’intervention du curé, de l’aumônier… En outre, il est impossible de ne pas tenir compte de la Shoah qui été tout de même été liée, du moins en partie, à un phénomène religieux. On a donc globalement accepté ce retour du religieux. Puis, avec Mai 68, on a tout rejeté par-dessus les moulins. Enfin, le fait religieux est puissamment redevenu d’actualité avec le développement des radicalismes, et notamment du fondamentalisme islamiste, face auquel s’est instaurée une radicalisation des chrétiens, surtout aux États-Unis. » Mai 68, parlons-en, avec Régine Deforges, et son regard espiègle et ironique promené sur cette époque, quand s’affichait sur les murs un slogan en forme de pied-de-nez, « Il est interdit d’interdire ! » De fait, Le Magazine des Livres ne s’est privé de rien ce mois-ci. Son cartable déborde des bonnes feuilles et d’un cahier riche de livres : Franck Thilliez, Christian Oster, Benoît Duteurtre, Alain Fleischer, Luis de Miranda et Emile Brami donnent de la voix en nous conviant à de charmantes « promenades sous la lune », selon le titre heureux des divagations de Maxime Cohen, parues chez Grasset. Qu'y a-t-il de commun entre des livres de cuisine, une scène érotique méconnue de la littérature du XVIIIe siècle, les plaisirs du tabac, l'art de placer l'e muet, Venise, l'usage astucieux des maladies, le goût du champagne, Stendhal et les curieux pouvoirs esthétiques de l'ennui ? Un regard, certainement. Tout le reste n’est que littérature ! ● Eli Flory



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LE MAGAZINE DES LIVRES N°11 / juillet-août 2008

Cliché 2009-02-01 10-19-30

Ce mois-ci, Le magazine des Livres donne carte blanche à Benoîte Groult : « J’espère qu’on aura une présidente de la République. Certes, c’est du sexisme à l’envers… mais symboliquement, il est important qu’il y ait de plus en plus de femmes à la tête des États. Cela ne changera pas vraiment la société peut-être, mais cela changera quelque chose dans la tête et dans les ambitions des femmes. Se dire ah ! tiens une femme peut être présidente, c’est lui ouvrir tout l’éventail des possibles. Il serait temps… » En attendant ce jour glorieux, La Fabrique consacre 11 écrivaines réunies avec bonheur par Anna Pavlowitch et Olivia Elkaim qui, pour fêter les 50 ans de la maison d’édition J’ai lu, ont proposé à ces romancières issues de la jeune garde des lettres françaises, héritières et filles des féministes, de répondre à une question difficile : « Être une femme aujourd’hui, est-ce seulement avoir un corps de femme ? » Des femmes, il n’en manque pas dans le dossier du mois : les 100 livres d’une vie sont autant de destin de femmes : Iseut, La Merteuil, Madame Bovary, Gervaise, Justine… « Chaque femme est un roman », dirait Alexandre Jardin, à l’aube de l’acte III de son œuvre : « Parfois, de très grands auteurs n’évoluent pas. Ils crachent leur chef-d’œuvre et s’éteignent. Éventuellement, ils refont le même livre en permanence ; on trouve alors cela très chic, on dit que c’est une petite musique. En vérité, cela signifie que ces auteurs se sont empaillés dans les grandes largeurs, que ce sont des morts-vivants. Ça se porte bien en ville, cela peut même valoir quelques éloges… mais cette forme d’empaillement me déprime. »
11 écrivaines, donc, 11 nouvelles, genre littéraire quelque peu boudé par les éditeurs. Les lecteurs aussi : il est rare, en France, qu’un écrivain accède à la notoriété par ses textes courts.
Marc Villemain a rencontré Bernard Quirigny qui publie au Seuil un nouveau recueil au titre évocateur : Contes carnivores. Le genre serait-il en passe de sortir de sa relative clandestinité ? Et qu’en sera-t-il des premiers romans de la rentrée littéraire ? Annick Geille inaugure une nouvelle rubrique thématique et propose sa sélection : huit jeunes auteurs à suivre de très près. Au Magazine, seuls les orpailleurs du Verbe ont droit de cité : le grand G.K Chesterton, mais aussi le très prometteur Johann Trümmel, pour son premier roman paru chez Balland, La marge molle. Bonne lecture et bonnes vacances. ● Eli Flory